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- 23.04.08 | ESPE Châlons: quand la malchance s'en mêle ....

  L’exploit est encore tout frais, les images de la victoire sont encore dans toutes les têtes, et pourtant il faut déjà évacuer ce retentissant résultat pour se concentrer sur Châlons-En-Champagne. Au premier regard, l’affaire semble largement jouable. Mais, à y regarder de plus près, la partie s’annonce aussi difficile que celle disputée face au leader samedi dernier.

 Le bilan pour le moment est maigre pour l’ESPE Châlons : onze petites victoires pour déjà dix neuf défaites et une avant dernière place significative de relégation. Jusqu’à maintenant cette saison a tout d’une saison cauchemardesque. On est loin des ambitions de saison, avec le souhait de stabiliser le club pour mieux rebondir en 2008. A l’instar de Besançon ou Limoges, Châlons a raté son début de saison mais, au contraire des deux cités, n’ont jamais pu remonté la pente. Comment en est-on arrivé là ?

 En 2004, l’ESPE était encore en pro A. La saison suivante, relégués en pro B, ils échouent de peu en finale, s’inclinant contre Orléans à Bercy. L’année dernière, le club réalise un exercice moyen, loupant les Play-Offs de peu. Cette année, enfin, le club flirte avec la descente. Une chute qui semble linéaire et que les joueurs feront tout samedi soir pour l’arrêter. Mais revenons sur les raisons de leur position actuelle.

 L’intersaison était pourtant porteuse d’espoir pour le staff et les supporters chalonnais, comme nous l’indique Florian, fidèle du palais des sports de Coubertin : « Tout d’abord, le club a enregistré l’arrivée de Francis Charneux, de retour au club après quinze ans d’exil et unanimement reconnu dans le monde du basket. De plus, nous avions réussi à garder avec nous deux joueurs français, Momo Sy et Samba Dia. Rajouter deux bons US et les tout les espoirs étaient permis. » Oui, mais voilà, rapidement le secteur intérieur montre ses limites, notamment après la blessure Llubojevic, out pour la saison après seulement deux minutes du tout premier match de la saison. Il faut attendre la troisième journée pour que Châlons gagne son premier match. La mayonnaise ne prend pas vraiment et l’américain McCrommon est coupé malgré de bonnes stats (14 pts 7rbds), remplacé par Peter Mulligan, en provenance de la République Tchèque. John Williams monte en puissance, les français s’affirment et Mulligan est une vraie bonne pioche.

 « Les Play-Offs semblaient alors vraiment faisables, nous raconte Florian, d’autant qu’une bonne nouvelle est arrivée. Anthony Stanford, véritable figure emblématique du club, obtient son passeport français et signe chez nous. On enchaîne alors les bons résultats, en nous imposant entre autre à Reims et à Brest. » Stanford parvient à transmettre son énergie communicative et Mulligan confirme ses prestations en devenant le deuxième meilleur marqueur de la ligue. Tous les espoirs sont permis pour les hommes de Francis Charneux.

 Et c’est à ce moment-là que tout bascule. John Williams se blesse pour le reste de la saison. Un vrai coup dur et la confirmation que la saison serait marquée par la malchance. Chez Marks arrive mais l’ESPE sombre en s’inclinant six fois d’affilée (dont Nantes, Limoges et surtout Saint-Vallier à domicile). La zone se rapproche dangereusement. Les supporters continuent de voir le roulement permanent de l’effectif. « Nesterov arrive, Marks ne joue que quatre matchs pour être remplacé par Adkins, et ses deux derniers tardent à confirmer le bien que l’on pouvait penser d’eux. » L’ESPE traverse une période difficile, entre les mauvaises performances de Patiejunas et la blessure de Sy. Devant ses difficultés, Charneux décide de titulariser à la mène le jeune Jean-Yves Zahoui, à peine vingt ans.

 Deux victoires de rang, l’une à la suite d’un match haletant contre Le Portel et une autre sur le terrain de Nanterre après deux prolongations, paraissent signifier un certain renouveau pour les orange et noir. Les fans de l’ESPE croient bien que le maintien est en passe d’être acquis. « Mais derrière, souffle Florian, on perd à domicile contre Saint-Quentin, un concurrent direct, après prolongation, et dans la foulée Mulligan se met en arrêt jusqu’à la fin de la saison pour des douleurs dorsales mais aussi à cause du mal du pays qui le ronge. Dur ! »

 L’ESPE est au plus mal. Désormais à égalité avec Saint-Vallier et Le Portel, Châlons n’a plus le droit à l’erreur, a grillé tout ses jokers et doit mettre l’un des deux promus derrière lui pour sauver sa peau. L’arrivée de Nick Stapleton, pigiste de Mulligan, doit aider en ce sens. Le match de samedi contre Brest s’avère donc capital pour un club plus habitué à se battre pour les premiers places que pour le maintien.
 
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