Maj: 29/07/2010
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  • 30/04/2010 - EXTERIEUR NANTES - BREST
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08.09.07 | RÉCIT - CHRONIQUE D'UN DÉPLACEMENT ORDINAIRE

Samedi 8h : Rendez-vous à 10h30 à Cerdan, faut que je me prépare. A la douche. 5 minutes sous l’eau, cool. Je veux sortir, y’a que 2 battants sur 3 qui s’ouvrent, le 3è est coincé. Et moi, 2 battants ça ne me suffit pas. Je force, je tape, je m’énerve, je cogne, la porte vole en éclats. Enfin libre. On verra ça lundi, parait que chez Casto y’a tout ce qu’il faut.

Il commence bien ce déplacement.

Je suis un peu tôt, donc petit café en lisant l’Equipe en terrasse au port de commerce. Il fait beau, un petit air de vacances. Un magnifique coupé Bentley se gare, c’est Michel Guyot, le très sympathique Président du Stade Brestois :

- Salut, tu vas bien?

- oui merci, je pars avec l’équipe pour un match amical ce soir à Evreux

- Ah ok, en avion privé?

- Euh… non Michel, tu sais, l’avion privé ce n’est pas trop dans nos moyens.

10h36. Le bus s’ébranle, direction Evreux. Les chauffeurs sont devenus des potes au fil des années. Aaron et Laurent ne sont pas du voyage, blessés. Laurent à la hanche, Aaron à la cheville. Hervé le kiné nous explique qu’Aaron souffre de son péroné, mais qu’à tout prendre c’est moins grave que si c’était le tibia car le tibia est un os porteur, ce qui n’est pas le cas du péroné. Je ne savais pas.

Les joueurs sont plus ou moins allongés à l’arrière, le staff est plus ou moins assis à l’avant. On s’ennuie un peu, on somnole. Coup de fil à mon ami Romain Tillon, le meneur de jeu de St Quentin. Il s’ennuie, il somnole, dans le car qui emmène son équipe à Macy pour un tournoi avec Nanterre, Limoges et Vichy. Le jeune marié ne va pas voir beaucoup sa petite femme ce week-end encore. Je lui passe Lavar et Christopher, ses anciens coéquipiers du SQBB ; ça papote, ça rigole, ça chambre. Ca fait toujours un quart d’heure de gagné.

J’ai apporté les revues de presse des saisons précédentes que les joueurs feuillettent, surtout Jimmy. Souvenirs, souvenirs…

13h. On est trop tard pour déjeuner à Avranches comme prévu. On s’arrête au Flunch du centre commercial Carrefour à St Brieuc. Le groupe impressionne les nombreux clients. « Bon les gars, c’est 17€ pour chacun, vous vous débrouillez. » Vous me direz, 17€ au Flunch, on peut manger.» Je passe en dernier, c’est moi qui ai les sous. La caisse enregistreuse tombe en panne en plein milieu du groupe. On attend. Ils sont à 5 à essayer de la réparer. On attend. Je m’énerve, je leur fais  savoir qu’on est pressé et qu’ils n’ont qu’à noter sur un papier. Ils obtempèrent et c’est ainsi que 3 hôtesses nous suivent partout avec papier et stylo pour essayer de voir ce qu’on mange. C’est blindé partout, on complète des tables, on fait la queue au grill. Le système papier-crayon montre ses limites. On s’en sortira pour 140€ pour 14, c’est Oncle Picsou, le trésorier, qui va être content.

Les chauffeurs m’expliquent qu’ils ne payent pas dans les restos, pour les remercier d’emmener leurs voyageurs. Je ne savais pas.

14h, back in the bus. «André, Mikael ne rentre pas sur Brest avec nous, il cherche une solution pour aller à Paris après le match. Y’aura plus de train et il n’a pas son permis. Tu peux voir ça ?» Euh..oui Noam, on va essayer.

Le chauffeur met un film : « Arrête-moi si tu peux » avec Leo, Tom Hanks et Nathalie Baye. Cool. En anglais. Pas cool. Je n’arrive pas à suivre.

16h30. Mission : Faire choisir sa pizza d’après-match à chaque joueur. Je n’ai pas la carte Domino’s qui détaille la composition. Heureusement Domino’s Pizza is very popular in the USA, ça va m’aider. Enfin, presque. Vais-je oser demander une Extravaganza sans olives, ni oignons, ni poivrons, mais avec un supplément ananas pour Ronnie? Heureusement qu’ils sont sympas chez Domino’s.

18h30. Arrivée à la salle. Moment de panique, je ne trouve pas le grand sac And1 noir des maillots dans la soute du car. Les aurais-je oubliés? Le club d’Evreux est déjà prêt à nous en prêter. Non, ils sont là, dans un petit sac bleu Nike.

Une chaleur étouffante règne dans la salle d’Evreux. Un souvenir me revient à l’esprit. Un match tenu de bout en bout il y a 6 ou 7 ans, Franck reçoit un coup de coude dans la tempe et tombe KO parterre. Emotion, panique, ambulance, pompiers, transfert toute sirène hurlante vers le CHR d’Evreux en plein travaux, le brancard traverse d’interminables couloirs de planches et de toiles blanches tendues maculées de poussière. Attente, l’oreille fixée au portable. Le médecin me rassure. Je rassure le coach au téléphone. Il m’apprend qu’on a perdu, on est passé à côté de la catastrophe, et de l’exploit.

Mi-temps 10-36. Je ne savais que ça que ça pouvait arriver. C’est fou ce que j’apprends comme trucs dans ce déplacement. Michel avait raison, on aurait dû venir en avion privé. Ou ne pas venir du tout. La 2è mi-temps est moins pénible. 68-51, c’est presqu’inespéré. Il va falloir méditer tout ça, ce n’est pas mon job.

Retour dans le car dans un silence de cathédrale. On avale les pizzas. On s’allonge, chacun refait le match dans sa tête. Je sens les joueurs touchés, et c’est un bon point. Il n’y a rien de plus détestable que d’entendre rire des joueurs après une lourde défaite.

Nous ne sommes que 12 dans le car-couchette pour le retour. Nous avons nos aises. Je me souviens d’un retour de Villeurbanne où nous étions 25, avec les espoirs ; le très regretté Thibaud et son ami Mickaël avaient insisté pour dormir parterre dans l’allée afin que je sois mieux installé. Bonsoir Mickaël, Adieu Thibaud.

Ce soir j’ai le vague à l’âme.

 

André

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