
- 28.04.08 |
Adrien Moerman, le portrait
Les matchs s’enchaînent, les victoires aussi, deux pour être précis, et la fin de saison s’approche à grand pas, dévoilant bientôt son verdict final. La Breizh-Team n’a plus le choix, il faut gagner sans penser aux autres. Son destin entre les mains, les hommes de Noam Rudman affrontent la solide équipe de Nanterre. Là-bas joue l’un des grands espoirs du basket français, Adrien Moerman. Appelé à jouer parmi les plus grands, il effectue actuellement une partie de son apprentissage en pro B. Portrait.
Pour sa première année à responsabilité, Moerman assure parfaitement pour le moment. Ses stats sont éloquentes pour ce grand gaillard de 203 cm : depuis le début de l’année, il tourne à plus 15 pts et 8 rbds par match le tout à plus de 54% de réussite pour une évaluation générale de 16.
Véritable révélation française du championnat, il assume parfaitement son choix de carrière que certains trouvaient plutôt hasardeux et risqué cet été. En effet, barré à Roanne par l’énorme Mark Salyers, meilleur scoreur de l’euroleague, MVP de la dernière finale de pro A et véritable star du championnat, Adrien décide d’aller voir ailleurs, réclamant des minutes et du ballon. Alors que certains jeunes français décident de rester en pro A coûte que coûte, même si cela doit passer par une année assis au bout du banc, Moerman préfère l’odeur du parquet de l’anti-chambre de la pro A. Nanterre saute sur l’occasion et l’engage sous forme de prêt pour une saison.
Rapidement, les dirigeants de la JSF s’aperçoivent que le pari est bon. Dès les premiers matchs amicaux il s’impose comme le leader offensif de l’effectif. Brest est la première victime. Adrien, pour son premier match amical, score pas moins de 29 points. Un signe. Il enchaîne le début de saison sur cette dynamique et, par exemple, signe une grosse performance dès son tout premier match officiel : 21 pts et 13 rbds face à Reims, gros morceau venant de la pro A. Incontestablement, le champion d’Europe junior 2006 marque les esprits.
Champion d’Europe, dîtes-vous ? Oui, en effet, Adrien Moerman possède déjà une belle carte de visite pour son jeune âge. Il fait partie de la génération Diot, Batum et Vaty qui ont tous une place importante dans leurs effectifs respectifs. Il est déjà champion d’Europe Cadet et Junior. L’été dernier, pour le championnat du monde des moins de 19 ans, il s’éclate, franchissant un palier important et se révélant au monde entier. Ses 14,8 pts et 8,8 rbds permettent de décrocher une belle médaille de bronze.
Durant l’hiver, nombreux observateurs ont pensé que les dirigeants de Roanne ont du se mordre les doigts d’avoir laisser filer leur prospect lorsque les blessures les ont accablés. Il est tout à fait envisageable de croire qu’Adrien aurait pu tenir la route une bonne dizaine de minutes au plus haut niveau européen. On ne le saura jamais, certes.
Malgré tout, ce prêt permet à ce jeune parisien d’acquérir une expérience que seul le jeu peut apporter. Par exemple, lors du choc contre Rouen en mars, c’est lui qui joue les cluch players en inscrivant le panier à trois points de la gagne. Sa joie de vivre et son intensité sur le terrain lui permettent de parfois compenser un manque de constance que seul le temps et la persévérance lui apportera.
La JSF devra peut-être se séparer de lui en fin d’année. A contre cœur évidemment. En attendant, après avoir atteint les demi finales de la coupe, le club francilien espère bien profiter de sa présence pour aller le plus loin possible en championnat. Cela passe bien sûr par une victoire sur le parquet de Cerdan mardi soir. Sherminator et Chris savent ce qui les attend !