


Après le superbe match contre Pau il y a un mois, la Breizh Team a encore donné des sueurs froides à ses supporters, avant de les combler de joie… Qui aurait cru que, mené de 17 points à la mi-temps, l’Etendard renaîtrait en deuxième mi-temps, poussant Lille à une double prolongation fatale ? Le public de la salle Cerdan, en tout cas, n’a jamais perdu espoir et a magnifiquement poussé son équipe vers la victoire finale, 92-82 !
Et pourtant, qu’il était mal parti ce match ! En première mi-temps, les Brestois n’y sont pas. La défense est absente et les Lillois n’en demandent pas tant. Leurs puissants intérieurs, l’impressionnant Olivier Gouez (2,18 m), de retour dans sa terre natale, en tête, creusent dès le premier quart-temps un écart intéressant : 18-24. Le deuxième quart-temps tourne au cauchemar. Les visiteurs s’entêtent dans la raquette et ils le font bien. L’écart augmente et si les blancs parviennent à scorer quelques précieux paniers, la défense paie cash chaque erreur. Heureusement, Armand Charles réussit un superbe 3 pts au buzzer et entretient un petit espoir à la mi-temps : 37-54, -17 !
Dès le début de la deuxième mi-temps, on sent que quelque chose a changé. La pression défensive n’est pas montée d’un cran, mais de plusieurs. La preuve : les Lillois éprouvent les pires difficultés à scorer et restent un bon moment sans mettre le moindre panier. Petit à petit, l’écart se réduit et les intérieurs lillois prennent des fautes… Les pertes de balles s’accumulent mais les visiteurs ne coulent pas, conservant un bon matelas à l’entame du dernier quart : 57-67.
Une fin de match à couper le souffle
Le renouveau défensif brestois va alors se confirmer. Les Lillois ne marqueront que 5 points dans ce dernier quart ! Malgré tout, cette fin de match est très crispante car les deux équipes ne lâchent rien et chaque point doit être gagné de haute lutte. Les Brestois reviennent finalement à hauteur dans une ambiance de feu, mais ratent quelques précieux lancers francs qui leur auraient permis de tuer le match. Balle de match pour Brest, croit-on ! Mais la passe de Brian Swift part en touche… Temps mort lillois, remise en jeu avec 1,4 secondes au chrono : on se dit que les visiteurs ont le sort du match entre leurs mains… Mais non ! Sur la remise en jeu, un rouge met le pied en touche. L’Etendard a de nouveau la main. Mais Cédric Mélicie manque le 3 pts de la gagne. Prolongations !
La fatigue se fait alors sentir. Les paniers ne rentrent plus, les fautes s’enchaînent et les lancers francs ont du mal à faire mouche. Pertes de balles et shoots manqués se succèdent, mais la victoire ne parvient pas à choisir son camp. En 5 minutes, seuls 3 points sont marqués de chaque côté. 75-75, on repart pour 5 minutes.
Dans cette seconde prolongation, les jambes lilloises sont trop lourdes. Gouez, Petrovic et Taccoen sont out pour 5 fautes et la pression défensive brestoise ne faiblit pas. Dorsey puis Schmieder rentrent des 3 pts salvateurs avant que Brian Swift ne scelle le sort du match aux lancers francs. Cette fois, le bouillonnant public peut souffler. Dans une ambiance des grands soirs, l’Etendard s’impose 92-82 au terme d’un match au scénario extraordinaire !
Bravo aux joueurs pour cette deuxième mi-temps de feu. Un match qui fera certainement date dans les mémoires !
Les réactions
Philippe Namyst (Coach de Lille) : « Il y a beaucoup de frustration pour nous ce soir. Je suis déçu de la pauvreté du basket que l’on a produit en deuxième mi-temps. On n’a pas su résister à l’agressivité défensive de Brest, qui était parfois au-delà de la limite. On est sortis de notre basket, on a arrêté de jouer. C’est une grosse déception ».
Aymeric Delsarte : « On a joué par réaction. Il n’y a pas vraiment de différence au niveau de notre basket entre les deux mi-temps. La différence s’est faite sur l’orgueil et l’agressivité. Les gars voulaient aller chercher cette victoire. C’est le résultat dont on pouvait rêver pour souder le groupe. A la mi-temps, j’ai essayé de faire réagir les joueurs. Si tu n’y crois plus, ils le sentent et c’est fini. Ce scénario paraissait inenvisageable, et pourtant… »
Cédric Mélicie : « Quand on défend à 5, ou même à 10, quand tout le monde s’y met, ça donne ce que l’on a vu en deuxième mi-temps. En première mi-temps, on a défendu par à-coups. Ça laissait beaucoup de place aux adversaires. Il y a eu des fautes d’oubliées des deux côtés… On voulait la victoire, on l’a eue. Ça fait du bien car notre situation est un peu difficile en ce moment ».
William Molas : « On s’est faits peur en première mi-temps, à-17… On a loupé beaucoup de lancers… On s’est laissé marcher dessus, tranquillement. Mais on a eu une bonne réaction pour gagner le match. Un état d’esprit est né dans cette équipe, il faut construire sur cette victoire fondatrice. Mais on doit arrêter de jouer avec le feu de cette façon car au final ça ne tombera pas toujours dans le bon sens ».
Ronald Dorsey : « C’est la première fois que je joue un match avec un tel scénario ! En première mi-temps, on a mal défendu. Puis au final, on gagne le match grâce à notre défense. Il faut que ça change, on doit commencer nos matchs comme on les finit ! Avec une bonne défense, on gagne. Ce soir, je me suis senti bien. A la fin du quatrième quart, les gars sur le terrain jouaient bien, donc je suis resté sur le banc, c’est logique. Mais je suis resté concentré. Pendant les prolongations, je n’étais pas fatigué. Je pense qu’à ce moment, on a voulu la victoire plus fort qu’eux. On en avait besoin. Maintenant, il faut qu’on vienne à la salle lundi pour bosser les lancers francs… »
Brian Swift : « On a travaillé la défense toute la semaine, mais en première mi-temps, c’était comme si on n’avait rien fait. Puis en deuxième mi-temps, on s’est calmés et on est revenus dans le match grâce à notre agressivité. On avait pris beaucoup de points dans la peinture en première mi-temps, du coup on avait décidé de garder la balle en dehors de la raquette en deuxième. Cette victoire fait beaucoup de bien à l’équipe. On est restés soudés pendant tout le match. C’est bon pour le mental. Il faut que l’on garde cet état d’esprit, c’est la clé ».
Eric Schmieder : « Je pense que c’était un match sympa à voir pour les supporters, mais pour nous, c’était assez stressant… On préfèrerait gagner plus facilement que ça. En tout cas, c’est bon pour la confiance. Maintenant, il faut que l’on gagne à l’extérieur pour nous améliorer en tant qu’équipe. Parce que ce soir, en première mi-temps, c’était zéro défense… On était dépités à la mi-temps, on est revenus avec bien plus d’énergie et de fierté. Personnellement, en première mi-temps je n’étais pas dans le match mentalement, j’étais très lent. Ça allait mieux ensuite. On a mis beaucoup de pression sur leurs meneurs et à un moment, j’ai vu dans leurs yeux qu’ils avaient peur. Puis dans le money time, le public a été génial. J’ai eu l’impression de revenir 5 ans en arrière ! Ils nous ont donnés beaucoup d’énergie et nous ont aidés à revenir ».
John Beugnot : « On était obligés d’avoir une belle réaction après le début de match qu’on a fait… On s’est bien réveillés. On était prêts pour le match, mais on a mal débuté. Entre les deux mi-temps, c’est le jour et la nuit. En deuxième, on a été plus agressifs sur les premières intentions et les drives et ça a libéré nos intérieurs qui ont pu être plus présents aux rebonds. Quand on gagne les duels, tout est plus simple. Mes deux shoots à 3 pts de rang ? J’ai juste eu des shoots ouverts… Je n’ai pas pris le premier par manque de confiance, mais Cédric m’a dit de shooter, et c’est rentré. Pendant la deuxième prolongation, on est montés d’un ton et on a profité de leur fatigue. Maintenant, il faut concrétiser ça la semaine prochaine à Nanterre, en jouant deux mi-temps comme ça. On va bien travailler encore cette semaine après cette belle victoire ».
Gaston Essengue : « Toute la semaine, on s’est concentrés sur la défense. L’identité de l’équipe doit passer par là. En première mi-temps on était très frustrés, ça ne marchait pas. On ne défendait pas bien sur les pénétrations, du coup les intérieurs devaient venir à l’aide et ça laissait les rebonds offensifs aux adversaires. A la mi-temps, tout s’est joué dans les têtes. Il fallait jouer avec nos cœurs, nous sacrifier. En prolongation, celui qui prend l’avantage mentalement sort vainqueur. La fatigue joue beaucoup. Les deux équipes étaient fatiguées, mais on avait les joueurs pour faire la différence. Malgré tout, on aurait dû tuer le match avant cela, si on n’avait pas raté autant de lancers francs ».
Et quelques nouvelles de…
Brice Vounang : « Je suis toujours présent avec l’équipe. Je fais les déplacements dès que je peux avec eux. J’étais au Portel et je serai à Nanterre. C’est mon boulot, je ne veux pas rester dormir à la maison ! Mon opération s’est bien passée. Ça fait juste un mois et je viens de retirer l’attelle. J’attends de commencer la rééducation, je vais passer un mois à Cap Breton… J’espère revenir avant la fin de la saison ».