Après avoir tenu la dragée haute au SPO Rouen dans leur antre des Cotonniers, la Breizh-Team s’attaque maintenant au leader du championnat, Bourg-En-Bresse. L’équipe de Jean-Michel Sénégal est drivée par le probable futur MVP étranger en la personne de Kareem Reid. Portrait.
Petite question : connaissez-vous un joueur évoluant en pro B qui soit aussi connu aux Etats-Unis que Stephon Marbury ou bien encore Gilbert Arenas ? Réponse : Kareem Reid ! Vous pensez sûrement que le site officiel de l’Étendard raconte n’importe quoi mais laissez-nous vous narrer l’histoire de ce meneur hors norme.
De l’autre côté de l’Atlantique, le basket de rue est une véritable institution. On se souvient tous d’un film comme « Les blancs ne savent pas sauter ». Pour Kareem, ce n’est pas de la fiction, c’est sa réalité. Tous les ans, quelques uns des meilleurs joueurs s’affrontent sur le playground New-yorkais le plus connu du monde, le Rucker Park. Des inconnus affrontent les plus grandes stars de la NBA, se taillant ainsi une certaine réputation dans le milieu. On appelle cela la « hype ». Le meneur actuel de Bourg possède aux Etats-Unis une hype considérable. Là-bas, il y a gagné le surnom mystérieux de « Best Kept Secret ». Après avoir affronté les stars de la NBA sur l’asphalte brûlant de Harlem, il joue tous les étés contre ceux-ci pour préparer ses saisons. Ses amis s’appellent Baron Davis ou bien encore Marbury.
Comment un tel joueur a-t-il pu débarquer au fin fond de la Bresse ? Tout d’abord, il convient de signaler que ce joueur possède une humilité remarquable, loin de certaines divas américaines passées par notre championnat. De plus, il y a de cela deux saisons, Sénégal tente déjà de la faire venir à Toulon mais cela échoue de peu. Reid a besoin de se sentir désirer et n’hésite lorsque Sénégal le contacte à nouveau cet été. A moindre frais, Bourg réalise sans doute LA bonne opération du marché des transferts. A 32 ans, Reid s’éclate à mener l’équipe vers les sommets de la division. Du haut de son mètre soixante dix huit, il tourne à près de 13 pts par match et à plus de huit passes. Cette année il a réalisé quelques cartons. Dans la victoire contre Saint-Vallier en février dernier, il distribue 15 caviars assortis de 12 points. Son record au scoring est de 25, il y moins d’un mois, lors de la démonstration face aux banlieusards parisiens, Nanterre. Ce qui impressionne le plus avec lui c’est qu’il est capable d’être décisif sans scorer énormément.
Cette année, Bourg est lancée sur le chemin de la Pro A, grâce entre autres à une ambiance interne assez exceptionnelle, selon les dires de Jean-Michel Sénégal. Après avoir multiplié les équipes dans des ligues mineures aux Etats-Unis, gagnant par exemple un titre en CBA et ABA ainsi qu’un titre de MVP de la finale ABA, Reid semble avoir trouvé son équilibre dans une petite ville française. L’adaptation s’est faite en douceur, avouant lui-même se plaire à Bourg car il peut ainsi se concentrer pleinement sur son métier. Il pense même à finir sa carrière en France, peut-être même à Bourg, à condition évidemment que le club accède rapidement à la Pro A. C’est son objectif avoué et, il faut bien le reconnaître, il semble avoir largement le niveau, tant il plane sur la division. En lutte avec Freeman pour le titre de MVP, il devrait logiquement rafler cette récompense. En tout cas on en fait le pari !